Les tests initiaux de prérequis à l’université : du diagnostic à la remédiation ?

Les tests initiaux de prérequis à l’université : du diagnostic à la remédiation ?

Par Laure Endrizzi, chargée de recherches, Institut français de l’éducation, École normale supérieure de Lyon. Sélectionner pour réduire l’échec ou sélectionner par l’échec ? Difficile d’exiger des universités qu’elles fassent réussir le plus grand nombre alors qu’elles ont obligation d’accueillir tous les néo-bacheliers qui en feraient la demande… qu’il s’agisse de leur premier ou de leur troisième choix. Difficile pour elles de mobiliser leurs personnels pour être performantes en matière d’enseignement alors que la pédagogie ne fait l’objet d’aucune reconnaissance professionnelle et que l’excellence scientifique se trouve dopée depuis quelques années par la multiplication des Labex, Idex et autres programmes d’investissement… Comme le montrent les travaux de François Sarfati (2013 ; 2015), pour faire avec ces injonctions paradoxales, les universités biaisent, elles trouvent des moyens d’inoculer de la sélection dans le système : par tirage au sort quand le nombre de postulants est pléthorique au vu des capacités d’accueil ; sur dossier scolaire dans les filières médicales évidemment, mais aussi de plus en plus dans certains cursus dérogatoires, tels que les doubles licences ou bilicences, dont l’offre en sciences, moins importante qu’en sciences humaines et sociales, a explosé ces dernières années en région parisienne. Sans doute faudrait-il aussi mentionner au nombre des mécanismes de sélection, les … Lire la suite »